Audrey Bond

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Drapé humanoïde

90 x 250 cm 

Acrylique sur toile

Drapé humanoïde est un triptyque en peinture sur lequel chaque toile présente un corps caché sous un drap. L’utilisation du drapé dans cette œuvre alimente la qualité visuelle de l’œuvre et permet d’aborder la thématique de l’abstraction du corps. Ce projet me permet de partager mon intérêt pour la subjectivité en art et d’avoir l’occasion de découvrir à quel point mon travail peut être perçu différemment d’un individu à l’autre.

S’il y a une chose que je préconise en art, c’est la subjectivité de l’œuvre. J’aime voir les différents points de vue des spectateurs, c’est pourquoi j’œuvre à ne pas avoir de thématique trop précise. Mon intention n’est pas d’obliger le spectateur à une réflexion spécifique, puisque l’œuvre en elle-même a le pouvoir d’évoquer bien plus que ce que je pourrais m’imaginer grâce à la subjectivité de l’art. 

Dans Drapé humanoïde j’utilise des images créées à partir du corps humain camouflé derrière du tissu pour inviter le spectateur à imaginer ce qu’il y voit. Je crois que le corps porte en lui ce pouvoir d’évoquer ce qui interpellera le plus le spectateur.

Le corps humain est utilisé comme sujet, car la thématique que j’aborde est l'abstraction du corps, que je définis dans ce travail comme étant ma volonté d’instaurer une certaine ambiguïté entre la figuration et l’abstraction , à l’aide du corps humain. Sans être une représentation pure et claire d’un corps, mon œuvre ne peut être classée comme abstraite, puisque nous reconnaissons ce qui est représenté sans pouvoir pour autant définir très exactement ce que nous voyons. La limite entre la figuration et l’abstraction est ici bien tangible.

Le rendu qui tend vers l’abstraction se fait d’abord lors de la prise de vue, puisque le corps est caché sous un drap. La lecture de l’image est complexe, car lors de l’application de la peinture sur la toile, je ne cherche pas à représenter de manière réaliste l’image de référence.

Le corps joue un rôle très important dans mes travaux en art, car la biologie m’a toujours fascinée. Lorsque je crée, il m’arrive souvent d’associer certaines parties du corps ou certains éléments de la biologie à d’autres éléments n’ayant aucun lien, autre que la forme. Cette association je la fais, car je crois qu’il est intéressant de jouer entre la limite de la réalité et de la fiction ou de la figuration et de l’abstraction; ça rend les œuvres particulièrement uniques et insolites.

Je trouve donc intéressant d’utiliser l’ambiguïté que cela peut créer dans une œuvre. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai créé des représentations de corps dans des positions particulières, inédites et camouflées dans un drapé. Ces postures et ces cadrages singuliers m’ont permis de créer des images complexes et uniques qui évoquent cette ambiguïté permettant au spectateur de se plonger dans une réflexion, non seulement sur l’image, mais sur sa poésie.

J’ai finalement réalisé le tout en peinture, puisque c’est mon médium préféré et que la peinture est le médium qui m’interpelle le plus en art. L’acte de peindre une toile est thérapeutique et m’apporte un sentiment de détente; que je tente de laisser transparaître par différents moyens. Par exemple, dans la palette de couleurs utilisée pour Drapés humanoïdes, l’utilisation de couleurs douces, telles que le rose pâle et le bleu créent une ambiance douce et méditative.

 

RÉALISATIONS